Le défi
Une entreprise technologique de Toronto dont les produits propulsés par l’IA gagnaient rapidement du terrain a reconnu le besoin urgent de formaliser son approche de l’éthique et de la conformité en IA alors qu’elle se préparait à s’implanter sur le marché de l’Union européenne, où la loi européenne sur l’intelligence artificielle (AI Act) entrait en vigueur. L’organisation souhaitait créer et pourvoir son tout premier poste de responsable de l’éthique et de la conformité en IA, un rôle chargé d’élaborer des cadres d’IA éthique, d’assurer la conformité aux réglementations émergentes en matière d’IA au Canada et dans l’UE, de mener des évaluations d’impact algorithmique et de représenter les pratiques d’IA de l’entreprise auprès des clients, des organismes de réglementation et du public. Le défi consistait à trouver un leader pour ce rôle émergent, pour lequel il n’existait ni parcours de carrière établi ni bassin de talents. Le candidat idéal devait combiner une compréhension technique des systèmes d’IA — modèles d’apprentissage automatique, données d’entraînement et biais algorithmiques — avec une expertise réglementaire couvrant plusieurs territoires, une expérience pratique d’élaboration de cadres éthiques et les aptitudes en communication nécessaires pour rendre accessibles à des parties prenantes diverses des concepts complexes de gouvernance de l’IA. L’état embryonnaire de la réglementation de l’IA signifiait que l’entreprise avait besoin d’une personne capable non seulement d’interpréter les règles existantes, mais aussi d’anticiper l’évolution réglementaire et de dialoguer de façon constructive avec les décideurs publics.
La solution
Lock Search Group a reconnu que ce rôle émergent exigeait un sourçage créatif de candidats au-delà des bassins de talents traditionnels. Nos équipes de Toronto et de Montréal ont collaboré à une recherche ciblant des professionnels de domaines connexes possédant une expertise transférable et un intérêt manifeste pour la gouvernance de l’IA. Nous avons cerné quatre bassins de candidats principaux : des avocats en technologie spécialisés en IA et en protection des données cherchant à passer de rôles-conseils à des rôles opérationnels; des chercheurs en IA axés sur l’éthique appliquée susceptibles d’être attirés par des postes en industrie où ils pourraient mettre en œuvre leurs travaux universitaires; des responsables de la protection des renseignements personnels et de la conformité d’entreprises technologiques ayant élargi leur champ d’action à la responsabilité algorithmique; et des professionnels des politiques publiques issus du gouvernement ou de groupes de réflexion, spécialisés en gouvernance de l’IA et à la recherche d’occasions dans le secteur privé. Notre approche d’évaluation mesurait les candidats sur leur littératie technique en IA, y compris leur capacité à discuter de façon substantielle des concepts d’apprentissage automatique, leur expertise réglementaire — avec une attention particulière aux dispositions de la loi européenne sur l’IA et à la législation canadienne émergente en la matière —, leur capacité d’élaboration de cadres éthiques et leurs compétences en relations avec les parties prenantes. Nous avons conçu des entrevues fondées sur des mises en situation explorant comment les candidats aborderaient des dilemmes précis d’éthique de l’IA et des défis de conformité réglementaire. Compte tenu de l’orientation réglementaire du rôle, nous avons effectué des vérifications de références en portant une attention particulière à la réputation des candidats auprès des organismes de réglementation et à leur capacité de maintenir des relations productives tout en défendant les positions de l’entreprise.
Le résultat
La recherche interdisciplinaire a permis de repérer 34 candidats dont le parcours laissait entrevoir une expertise pertinente pour ce rôle émergent. Au terme d’une évaluation complète, incluant des évaluations de littératie technique en IA et des tests de connaissances réglementaires, nous avons présenté cinq finalistes représentant différents parcours professionnels vers le leadership en éthique de l’IA. La candidate retenue était une ancienne conseillère principale en politiques d’un ministère fédéral axé sur la gouvernance de l’IA, qui avait contribué à l’élaboration du code de conduite volontaire du Canada en matière d’IA et avait par la suite obtenu une certification technique en apprentissage automatique afin d’approfondir sa compréhension des systèmes qu’elle contribuait à encadrer. Sa combinaison d’expertise réglementaire, de littératie technique et de relations établies avec les décideurs publics canadiens offrait une valeur immédiate, tandis que sa connaissance approfondie de la loi européenne sur l’IA, acquise dans le cadre de la coordination intergouvernementale, la positionnait avantageusement pour l’expansion européenne de l’entreprise. Dès sa première année, elle a élaboré un cadre complet d’éthique de l’IA adopté pour l’ensemble des produits de l’entreprise, réalisé les évaluations de conformité à la loi européenne sur l’IA pour tous les systèmes destinés au déploiement en Europe, mis sur pied un comité consultatif externe d’éthique de l’IA réunissant des experts universitaires et des représentants de la société civile, et mené avec succès la première enquête réglementaire de l’entreprise en matière d’IA au Canada. Ce placement a démontré la capacité de Lock Search Group de dénicher des talents pour des rôles émergents en repérant l’expertise transférable au-delà des frontières professionnelles traditionnelles.